La "Ligne verte" succède à la "Zone de confiance" La "Zone de confiance" disparaît officiellement
A la faveur de l’accord interivoirien de Ouagadougou, signé le 4 mars dernier, la "Zone de confiance" contrôlée par les forces onusiennes, dont fait partie la force française Licorne, est démantelée.
Elle sera remplacée par une "Ligne verte" placée sous la responsabilité de forces de défense et de sécurité ivoiriennes réunifiées.
La Force Licorne revient, pour Afrik, sur cette opération qui marque la fin de la partition de la Côte d’Ivoire.
Puis de ce lundi 16 avril, la "Zone de confiance" (ZDC) appartient au passé de la Côte d’Ivoire.
Erigée en juin 2003, cette zone tampon était jusqu’ici sous le contrôle de la Force de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) dont fait partie la force française Licorne. Composée de 3 500, dont 500 regagneront la France, d’ici le 15 mai prochain, ses attributions se modifient pour accompagner le processus de paix engagé entre les Forces nouvelles, les anciens rebelles, et le gouvernement ivoirien le 4 mars dernier avec la signature de l’accord de Ouagadougou. Il devrait mettre fin à une crise politique qui mine la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002 à la suite d’un coup d’Etat manqué contre le président ivoirien Laurent Gbagbo.
A 12h30 à Tiébissou, s’effectuera le démontage du point de contrôle de l’Onuci et à 13h30, à Ngata-Dolikro, la mise en place de la toute première patrouille mixte FAFN - FDS–CI et la création d’un poste d’observation de l’Onuci.
Très concrètement autour de trois axes symboliques. A 11h15 (en cours, ndlr) à Yamoussoukro (capitale politique de la Côte d’Ivoire, ndlr), le Centre de commandement intégré – CCI – qui est l’organisme qui va regrouper les deux états-majors des Forces armées des Forces nouvelles - FAFN - et des Forces de Défenses et de Sécurité de Côte d’Ivoire – FDS-CI. C’était une ligne imaginaire qui allait d’Est en Ouest sur 600 km. Cette ligne était destinée à séparer les ex-belligérants (rebelles et forces loyalistes, ndlr) et a permis, petit à petit, le rétablissement de la confiance. Elle était occupée par des unités de l’Onuci. La Force Licorne était, et est toujours d’ailleurs, positionnée en soutien de l’Onuci, en force de réaction rapide si elle en exprimait le besoin. Nous étions également positionnés autour de cette ZDC essentiellement à l’Ouest, autour de Man et Bangolo, et au centre et à l’Est autour de Yamoussoukro et de Bouaké (capitale de l’ex-rébellion ivoirienne, ndlr). Notre mission particulière consistait au contrôle de la zone par le biais de check-points mobiles. L’objectif étant pour les forces impartiales de contrôler la circulation des personnes et des biens afin d’éviter que des hommes armés provenant du sud montent au nord et vice-versa.
A compter de lundi midi, la ZDC disparaît au profit d’une "Ligne verte" qui se composera de trois secteurs : un fuseau centre, un fuseau est et un fuseau ouest. Dans chacun de ces fuseaux, vous aurez deux brigades mixtes qui seront mises en place qui prendront à leur compte la mission de souveraineté et d’ordre public auparavant assurée par les forces impartiales. Chacune de ces brigades mixtes sera composée de 10 FDS-CI, des gendarmes et/ou de policiers, et des FDS-FN, et de 10 FDS-FN. Au sein de ces patrouilles, évolueront également quelques observateurs de la Police des Nations Unies, 4 ou 5 éléments, qui contrôleront les actions menées par ces brigades mixtes. Parallèlement à cela, 17 postes d’observation, armés par l’Onuci, seront crées sur cette "Ligne verte". Ils disparaîtront à hauteur de 50% tous les deux mois jusqu’au 16 décembre2007. Evidemment, tout ne va pas s’arrêter à compter de ce 16 avril. Car le transfert des missions des forces impartiales vers les brigades mixtes se fera progressivement, au fur et à mesure que les brigades mixtes seront mises sur pied et entreront effectivement dans la zone.
C’est une donnée technique. Il faut que les deux chefs d’état major se mettent d’accord pour déterminer les unités qui seront mises en place. Il faut qu’ils trouvent des moyens de transport, des moyens de communication, des logements pour héberger les élements de ces brigades mixtes... C’est une question de jours et de quelques semaines au plus. Nous aiderons ces brigades mixtes à se mettre en place le plus rapidement possible.
Composé de 20 à 30 hommes, ils seront chargés de vérifier si le processus décrit tantôt s’engage et se déroule bien. Il se traduit par l’extension de la confiance à tout le territoire ivoirien, par la liberté de circulation qui est complètement rétablie sur la Côte d’Ivoire et par le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays. Aussi, la Force Licorne, qui est soutien de l’Onuci, passe en troisième rideau derrière les forces de l’Onuci, deuxième rideau, et après les Forces de défense et de sécurité ivooiriennes réunifiées.
Favorablement. Ce départ est le signe fort du rétablissement de la paix. Les Ivoiriens sont conscients que si nous nous en allons, c’est que les circonstances le permettent. C’est aussi une fierté de voir les unités des forces de sécurité ivoiriennes prendre, petit à petit, la place des Forces impartiales dans le maintien de l’ordre public. C’est en tout cas le sentiment dominant. Cependant, certains d’entre eux manifestent une certaine inquiétude, légitime à la lumière des événements passés. C’est pourquoi nous leur avons expliqué que des missions de patrouille continueront d’être effectuées par les Forces impartiales.
Nous n’allons pas quitter l’Ouest, comme je viens de le dire, nous allons continuer des missions de présence et à assurer la confiance dans l’ouest. Les problèmes de cette région ne sont pas forcément liés à la crise qu’a traversée la Côte d’Ivoire. Le problème de coupeurs de routes en particulier, sont des problèmes qui doivent clairement être réglés par les autorités ivoiriennes. Nous ne pouvons pas nous substituer aux forces ivoiriennes dans le cadre des missions de souveraineté qui seront désormais les siennes.
Reste un groupement tactique sur la zone d’Abidjan et un autre sur Bouaké, Yamoussoukro et Dimbokro.
Au-delà de ce que peut dire une certaine presse ivoirienne, qui instrumentalise notre action, notre bilan est très clair. La Force Licorne, l’Onuci, les Forces impartiales en général, ont permis le rétablissement de la confiance et aujourd’hui, celui de la paix. Et c’est essentiel. Concernant notre avenir, la volonté politique de la communauté internationale est d’accompagner la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix au travers de l’accord politique de Ouagadougou. Dans le chronogramme de sortie de crise, le but ultime est l’organisation d’élections transparentes et démocratiques, fin 2007, début 2008. Nous nous inscrivons dans cette dynamique. Notre objectif étant d’accompagner ce processus jusqu’à son terme. Si l’on s’aperçoit que la situation est stable et que la perspective d’une reprise des hostilités est exclue, ce qui semble être le cas aujourd’hui, peut-être que l’Onuci commencera à dégager ses unités plus rapidement. Mais c’est encore trop tôt pour en parler, il faut attendre de voir comment la situation va évoluer. Comme l’a dit le général Amoussou, le Commandant de la force de l’Onuci, le but ultime des forces impartiales est de devenir inutiles.
Tout ces´t tres jolli mais la sécurité des journalistes ne peut être garantie
A quelques mois des élections, le ministre de la Communication met en garde la presse étrangère
La fin de la crise est proclamée en Côte d’Ivoire depuis le 30 juillet 2007. Pour rentrer dans sa phase exécutive qui passe par les élections libres et transparentes, fixées au 30 Novembre 2008, une vaste campagne de sensibilisation sur le traitement des informations dans la presse, en période post-crise est en cours. Le ministre de la Communication y a associé la presse étrangère, fortement représentée en Côte d’Ivoire.
Notre correspondante à AbidjanLe ministre ivoirien de la Communication, M. Sy Savané Ibrahim, a invité jeudi, à Abidjan, les représentants de la presse internationale à jouer leur partition dans le processus de sortie de crise.
La sécurité. C’est autour de ce mot qu’a tourné toute l’intervention du ministre. Il a insisté auprès des journalistes pour qu’ils veillent à être en sécurité. A la question de savoir s’ils peuvent compter sur lui à ce sujet, il a été clair : « Je ne peux pas donner de garantie. Le gouvernement fait tout pour que chacun d’entre nous soit en sécurité. Même si je ne peux pas garantir votre sécurité, votre insécurité me concerne. »
“ Le processus s’amorce avec le désarmement, la sortie de crise. Par conséquent, il faut que nous prenions garde. Ce ne sont pas des choses planifiées par un gouvernement, cela peut se passer dans n’importe quelle rue. Je ne voudrais pas créer la psychose, le moindre incident qui arrive à quelqu’un de la presse nous concerne directement. Les risques son encore réels… “, a-t-il ajouté.
Cependant, les politiques s’est engagé, avec son cabinet, à être l’interface entre le gouvernement et la presse internationale pour la mise à disposition de toute information d’ordre national ou en rapport avec le gouvernement. Selon lui, beaucoup de centres, “ même gouvernementaux “, sont encore incapables de vérifier l’information. Il a suggéré de ce fait, au niveau de la presse étrangère, qu’il y ait un plus grand effort dans le recoupage de l’information.
Le ministre de la Communication a également formulé son inquiétude quant au traitement de l’information et au choix des termes employés par les journalistes. “ Je vous demande d’avoir une conscience plus aiguë de l’impact de vos écrits. Un mot a un impact… “, a-t-il expliqué.
¡¡Merde!!
Étienne Vervaecke
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